Le développement moteur de l'enfant

Le mouvement est essentiel pour le développement moteur de l'enfant qui passe au fil des mois d'une activité motrice involontaire à une activité motrice contrôlée.

  • L'activité motrice permet au cerveau de maturer et de créer des connexions avec les différentes aires du cerveau.

  • La formation des patrons réflexes coïncide avec le développement des différents systèmes de coordination motrice. Ils sont dépendants du corps dans l'espace, des mouvements du corps et du contrôle postural.

Avec la répétition de mouvements, l'enfant va pouvoir renforcer le tonus musculaire de son dos et de ses membres, soutenir sa tête et traverser les différents stades d'évolution motrice : ramper, se retourner, marcher à 4 pattes, tenir assis, puis se mettre debout et atteindre son équilibre postural lui permettant de marcher.

Incidences du développement moteur sur le développement cérébral

Ces différentes étapes motrices sont en lien avec la mise en place  :

Des trois systèmes de coordination motrices :

  • Droite-gauche : permet l’usage coordonné des côtés gauche et droit du corps (membres, yeux, oreilles). Ce sont les fondations pour la planification de la motricité, la formation de compétences, le traitement des informations auditives et visuelles, la prise de décision, la perception, le traitement de l’information et la communication.

 

  • Haut-bas : permet l’usage coordonné des parties supérieures et inférieures du corps permettant l’enracinement, la stabilité, le contrôle de la motricité globale (marcher, courir, faire du sport…). C’est le support pour l’intégration de la pensée et du mouvement avec l’organisation et la stabilité, la gestion des émotions et du mental.

 

  • Avant-arrière : gouverne la flexion et l’extension du corps à partir du centre, la régulation du tonus musculaire du corps, la coordination motrice globale, le contrôle postural et les fonctions cognitives (logique, perception globale, mémoire, pensées…). Ce sont les premiers réflexes qui se développent chez l’enfant.

 

De la coordination motrice globale :

  • Mains (le système moteur manuel).

  • Jambes (le système de motricité globale).

 

De la coordination motrice précise :

  • Yeux (système de fonctionnement visuel).

  • Oreilles (système de fonctionnement auditif).

  • Mains (système de coordination motrice fine).

Accompagner son enfant dans son développement moteur

Il faut se rappeler que la nature est particulièrement bien faite et que l'enfant possède dans son capital génétique un programme inné lui permettant d'accéder graduellement et naturellement aux différentes étapes de son développement moteur.

L'accompagner dans son développement consiste plutôt à ne pas interférer dans un processus naturel auquel l'enfant va accéder de manière autonome et progressive.

Cela lui permettra alors de maturer, à son rythme, tous les réflexes archaïques qui lui sont nécessaires pour développer les fondations neurologiques lui permettant d'accéder à tout son potentiel, qu'il soit physiologique, émotionnel ou cognitif.

Voici quelques pistes pour aider les parents à soutenir la progression de leur enfant :

Favoriser la motricité libre :

Cela consiste à laisser l'enfant libre de ses mouvements pour lui permettre d'explorer son corps et de se développer en toute confiance​.

​En plaçant bébé à plat ventre ou à plat dos celui-ci va pouvoir explorer et répéter tous les mouvements qui lui sont nécessaires pour passer d'une étape à une autre. C'est un processus continu dans un ordre précis qu'il est important de respecter pour permettre la maturation des différentes zones de son cerveau.

  • Allongé sur le dos, bébé se retrouve dans une position physiologiquement naturelle qui ne lui demande aucun effort musculaire tout en lui permettant d'effectuer une multitude de mouvements avec ses bras, ses mains, ses jambes, ses pieds, sa tête, son bassin, ses hanches, ses épaules... 

  • Allongé sur le ventre bébé va pouvoir renforcer le tonus musculaire de son dos, de son cou, de ses bras pour pouvoir progressivement soutenir sa tête, soulever le haut de son corps pour libérer ses épaules et ses bras et ainsi pouvoir attraper les objets qui se trouvent à côté de lui.

Cette première étape motrice est primordiale pour lui permettre d'accéder ensuite au retournement, au ramper, au 4 pattes, à la position assise et progressivement aller vers le redressement et la position debout.

Renforcer la confiance en soi et l'autonomie :

En explorant seul, à son rythme et dans le respect de son développement, le bébé va apprendre par lui-même à se mouvoir et ainsi renforcer sa capacité à entreprendre et à sentir les bienfaits de ses efforts.

Il acquiert alors confiance en lui et motivation lui permettant de s'engager vers de nouvelles expériences et de nouvelles acquisitions.

Cet apprentissage libre au travers d'actions volontaires lui permet d'accroître son autonomie de manière significative.

De plus, en entreprenant lui même les actions de son choix, cela lui permet de réduire son niveau de tension et de frustration car il s'engage et s'arrête dans une action lorsque cela est juste pour lui.

Les bienfaits de la motricité libre sont évidents à partir du moment où l'adulte est présent à côté de l'enfant en l'observant, en l'encourageant dans ses efforts et bien sur en veillant à sa sécurité.

 

Ce qu'il faut encourager :

  • Jouer au sol ou sur un tapis avec son bébé.

  • Laisser bébé pieds nus le plus souvent possible pour lui permettre de développer la maturité dont il a besoin pour ensuite utiliser ses pieds de manière efficace pour le 4 pattes et la marche.

  • Permettre à bébé de grandir à son rythme et lui laisser le temps dont il a besoin pour accéder à de nouvelles compétences. Tous les enfants sont différents et ont des rythmes différents !

  • En grandissant les enfants ont besoin de pouvoir bouger, sauter, rouler, toucher, mettre à la bouche (sous surveillance et pas de trop petits objets bien sûr), se "traîner" par terre... Cela fait partie des apprentissages indispensables dont ils ont besoin pour développer leur sens, leur coordination, leur équilibre, leur motricité globale puis fine.

  • Les activités en plein air qui permettent plus facilement d'explorer son corps et le mouvement et renforcent ainsi, dans le jeu et le plaisir, le développement moteur.

  • Les activités sensorielles : Les activités sportives (motricité, coordination, équilibre, vision), les activités musicales (système auditif, attention), les activités manuelles (motricité fine, vision, coordination)...

  • La lecture faite aux bébés et aux enfants stimule les sens. L’enfant regarde, touche, écoute en même temps. Cela stimule :

    • son audition et sa vision par le lien image/ mot.

    • sa capacité d'écoute, d'attention et de compréhension.

    • son imagination et sa créativité.

    • son apprentissage de la lecture et de l'écriture...

 

Ce qu'il faut éviter :

  • L'utilisation du transat qui fige bébé dans une position semi-assise, lui imposant des tensions dorsales et ne lui permettant plus la liberté de mouvement dont il a besoin.

  • La pratique du trotteur met bébé dans une posture droite qu'il ne maîtrise pas encore par lui-même. Il n'apprend pas la perception de son corps et de ses limites, étant toujours arrêté par les contours du trotteur. Cela entraine également un mauvais positionnement de ses pieds et de ses appuis.​

  • Mettre bébé dans une position qu'il n'a pas acquise par lui même.

Eviter de mettre bébé en position assise avant qu'il n'y arrive par lui même car son tonus musculaire n'est pas suffisant pour soutenir son dos et sa tête. Cela entraîne des tensions musculaires et une mauvaise posture.

Éviter de redresser bébé et de le faire marcher accroché aux doigts d'un adulte. Son dos, ses jambes et ses pieds ne sont pas encore "prêts" pour cet effort et nécessitent encore un peu de 4 pattes pour renforcer son tonus musculaire, maturer ses pieds et son équilibre. ​

  • De faire des "chatouilles" aux enfants. Cela renforce leur hyper-sensibilité tactile et active leurs réflexes.

En voulant aider bébé et en l'incitant à aller dans des positions pour lesquelles il n'est pas encore prêt,  vous risquez d'interférer dans son évolution naturelle et  de lui faire sauter des étapes motrices nécessaires à son bon développement moteur et émotionnel.

On en parle :

Ingrid Roques, Masseur Kinésithérapeute D.E., vous propose quelques clefs ...