Fonctionnement des réflexes archaïques

Les réflexes archaïques ou primaires sont des mouvements automatiques, involontaires que l'on observe chez le nouveau-né en réaction à des stimulations sensorielles spécifiques.

Par exemple lorsqu'on caresse la paume de la main d'un bébé en y plaçant un doigt, il l'agrippe automatiquement. C'est le réflexe d'agrippement. 

La plupart des réflexes archaïques émergent in-utéro, maturent pendant la naissance et s’intègrent au schéma moteur de l'enfant durant la première année de vie.

Durant ces différentes phases les réflexes sont actifs, donc observables.

 

Les réflexes se développent selon les lois naturelles de l’espèce humaine. Ils sont le signe d’un développement moteur harmonieux.

À la naissance, environ 100 milliards de neurones sont présents mais ne sont pas encore connectés les uns aux autres. Chaque neurone peut établir jusqu’à 10 000 connexions.

 

Celles-ci s’établissent grâce à la répétition naturelle et spontanée de séquences de mouvements réflexes du corps. Les fibres nerveuses vont pouvoir se développer pour former un réseau de communication entre toutes les parties du système nerveux.

C'est l'activité motrice primaire de l’enfant qui permet le développement sensori-moteur et cérébral  qui à son tour, devient la fondation pour ses futurs mouvements intentionnels, son apprentissage et enfin son développement intellectuel et émotionnel.

Cette intégration progressive des réflexes primaires au schéma moteur, va contribuer à la myélinisation du réseau neural et développer les connexions vers les parties supérieures du cerveau.

L’enfant va peu à peu pouvoir contrôler sa tête et renforcer son tonus musculaire ce qui est nécessaire à son développement moteur. Il va ainsi apprendre à coordonner ses gestes et trouver un équilibre postural.

Dans les phases suivantes le développement émotionnel et intellectuel vont alors pouvoir se faire.

 

Toutes ces étapes vont lui permettre d’accéder à un état de sécurité intérieure, de développer sa confiance, sa capacité à s'adapter et à faire des choix. 

 

L’enfant accède ainsi à toutes ses ressources, lui permettant d’atteindre son plein potentiel d’apprentissage.

Les différents réflexes archaïques

Il existe différentes classifications des réflexes archaïques.

Nous retiendrons celles du Dr Masgutova développées dans son programme MNRI®.

La classification des réflexes :

  • selon la complexité du schéma moteur :

    • les réflexes simples ​(action unique ou réponse unidirectionnelle)

    • les réflexes complexes (réponses multi-actions)

 

  • selo​n la réponse et le circuit neurophysiologique emprunté :

    • Dynamiques (réponse motrice active)

    • Posturaux ((statique ou réponse posturale)

  • selon les parties du corps impliquées  :

    • centraux (exigent le mouvement de tout le corps)​

    • périphériques (activent d'abord les membres)

Réflexes archaïques et développement cérébral

La formation des patrons réflexes coïncide avec le développement des différents systèmes de coordination motrice. Ils sont dépendants du corps dans l'espace, des mouvements du corps et du contrôle postural.

  • Les trois systèmes de coordination motrice :

 

  • Droite-gauche (en lien avec le cortex cérébral) :

permet l’usage coordonné des côtés gauche et droit du corps (membres, yeux, oreilles). Ce sont les fondations pour la planification de la motricité, la formation de compétences, le traitement des informations auditives et visuelles, la prise de décision, la perception, le traitement de l’information et la communication.

 

  • Haut-bas (en lien avec le cerveau émotionnel) :

permet l’usage coordonné des parties supérieures et inférieures du corps permettant l’enracinement, la stabilité, le contrôle de la motricité globale (marcher, courir, faire du sport…). C’est le support pour l’intégration de la pensée et du mouvement avec l’organisation et la stabilité, la gestion des émotions et du mental.

 

  • Avant-arrière : (en lien avec le cerveau archaïque) :

gouverne la flexion et l’extension du corps à partir du centre, la régulation du tonus musculaire du corps, la coordination motrice globale, le contrôle postural et les fonctions cognitives (logique, perception globale, mémoire, pensées…). Ce sont les premiers réflexes qui se développent chez l’enfant.

  • La coordination motrice globale :

  • Mains (le système moteur manuel).

  • Jambes (le système de motricité globale).

 

  • La coordination motrice précise :

  • Yeux (système de fonctionnement visuel).

  • Oreilles (système de fonctionnement auditif).

  • Mains (système de coordination motrice fine).

En résumé

Les réflexes archaïques sont les bases fondamentales de la construction neurologique et sont indispensables au bon développement moteur, émotionnel et cognitif du nourrisson, de l’enfant et de l’adulte.

Les réflexes archaïques ne disparaissent pas, tout comme les fondations d'une maison, ils s'intègrent dans le schéma moteur global de l'enfant.